Le GRCDI et le Socle commun de connaissances, de compétences et de culture

Le 18 juin dernier, le GRCDI, invité par la FADBEN (que nous tenons à remercier ici), a participé à une audition commune devant le Conseil supérieur des programmes (CSP). Il nous paraît intéressant de souligner d’abord le fait que cette audition par le CSP a constitué un signe important de reconnaissance de nos travaux, menés maintenant depuis sept ans.

Lors de cette audition, nous avons pu, en parfaite complémentarité avec les représentants de la FADBEN, insister notamment sur les enjeux éducatifs et politiques d’une formation systématique des élèves à la culture de l’information. A l’issue de ce temps d’échange très riche avec les membres du CSP, il nous a été proposé, à la FADBEN et au GRCDI, de nous livrer à une lecture critique et propositionnelle du projet de Socle commun de connaissances, de compétences et de culture, évidemment au seul prisme de la culture de l’information.

Peu de temps après la FADBEN, qui a envoyé dès le 18 septembre ses réflexions sur le Projet de socle commun, le GRCDI a donc fait parvenir au CSP son propre texte de propositions.
Nous le mettons en ligne aujourd’hui : Socle-connaissances_propositions-GRCDI_2014-09-20

Le lecteur pourra d’abord constater la totale concordance de vues du GRCDI avec la FADBEN, notamment sur deux points essentiels : d’une part, la satisfaction de constater la présence récurrente dans le Socle de nombreuses notions et de références implicites aux savoirs info-documentaires, d’autre part le regret que ces références à la culture de l’information ne soient pas, précisément, plus explicites.

Pour sa part, le GRCDI a procédé à une analyse assez détaillée du projet de Socle commun, et nous avons complété nos propositions par deux annexes : un rappel des principaux enjeux de la formation à la culture de l’information, et un récapitulatif des savoirs et notions en information-documentation, renseignés en comparaison de ceux qui apparaissent dans le projet de socle commun.

Dans la mesure où le projet de Socle commun a d’abord mis l’accent sur les savoirs, les compétences à acquérir par les élèves, sans entrer dans les programmes scolaires, ni détailler le rôle des enseignants des différentes disciplines, nous nous sommes inscrits dans cette démarche et avons mis au premier plan la question des savoirs et des apprentissages info-documentaires, sans évoquer explicitement les acteurs concernés. On ne sera pas surpris si l’on précise ici que, pour nous, ce sont bien entendu les professeurs documentalistes qui sont les acteurs et les responsables de premier plan dans la conception, l’enseignement et la mise en oeuvre de ces apprentissages informationnels…

 

 

Supports de la journée d’étude

La journée d’étude du GRCDI et des ESPé de Caen et Rouen a réuni plus de 110 personnes et a tenu ses promesses : des interventions denses et riches, de nombreuses questions, une table ronde de débats animés… Différents éclairages, des approches spécifiques et complémentaires ont été apportés sur cette notion insaisissable de culture numérique.

Vous trouverez les supports des intervenants ici-même, sur le site du GRCDI :

 

– le support d’Eric Guichard, « Culture numérique, culture de l’écrit » : JE-GRCDI-Support_E.Guichard-culture-numerique.beam ; 

– celui d‘Hervé Le Crosnier, « Culture numérique » : JE-GRCDI_Support_H.LeCrosnier

– le texte de Jean-Louis Charbonnier, « Culture, savoirs et apprentissages « numériques » en information-documentation » :  JE-GRCDI_Texte_J.L.Charbonnier

Vous pouvez retrouver aussi le live tweet de la journée sur le hashtag #jegrcdi.

Bonne lecture !

17 octobre 2014 : Journée d’étude « La culture numérique : au-delà des discours, un objet d’enseignement ? »

A la rentrée 2014, le GRCDI n’organisera  pas son traditionnel séminaire annuel mais, en partenariat avec les équipes de recherche des ESPE de Rouen et Caen, une journée d’étude publique. Elle aura lieu le 17 octobre prochain, à Rennes, et aura pour thème : « La culture numérique : au-delà des discours, un objet d’enseignement ? »

L’entrée est libre et gratuite, mais l’inscription est obligatoire sur l’application SYGEFOR de l’URFIST de Rennes : http://www.sites.univ-rennes2.fr/urfist/sygefor/journee/

> UPDATE,  22 septembre :
La journée d’étude aura lieu, non plus au Lycée Victor et Hélène Basch, mais  à la Faculté des Sciences économiques, Place Hoche à Rennes, dans le Bâtiment 1, Amphi 1.
Station de métro : Place Sainte-Anne, et gagner ensuite la Place Hoche (voir sur le plan d’accès)

 

Présentation de la thématique

La « culture numérique » est devenue un terme générique englobant toutes les cultures et pratiques liés aux réseaux d’internet. Elle désigne à la fois les « changements culturels produits par les développements et la diffusion des technologies numériques » (Wikipedia), les interactions et les pratiques des utilisateurs avec les objets numériques, les compétences nécessaires à ces interactions, les productions culturelles ou les nouvelles valeurs issues du numérique, ou encore l’impact de celui-ci sur différents secteurs. Ce mot-valise s’est imposé dans le débat public alors même que sa définition est loin d’être stabilisée, que la notion reste problématique et ses contours indéfinissables. Souvent utilisée de manière globalisante, la culture numérique semble recouvrir toutes les autres cultures de l’information, qui en perdent leur singularité : la culture de l’information, la culture informatique (avec laquelle elle est souvent confondue), la culture des médias, des images, etc. Comment s’y retrouver dans ce foisonnement et cette confusion ?
Mais derrière les questions de définition, la culture numérique est porteuse d’enjeux éducatifs cruciaux : de quelles compétences, de quels savoirs « numériques » auront besoin les futurs professionnels de la société en réseaux ? Il faut donc aller au-delà des discours et des slogans « émerveillés », qui peuvent parfois brouiller la compréhension des enjeux réels, et tenter d’identifier ces savoirs, ces compétences spécifiques.

Cette journée d’étude, organisée par le GRCDI et les équipes de recherche en Documentation des ESPE de Rouen et de Caen, se propose de revenir sur la notion même de « culture numérique » et de l’éclairer notamment sous trois angles :

– la dimension épistémologique et définitionnelle : quelle(s) définition(s), scientifiquement fondées, argumentées, peut-on donner de la culture numérique ? Que recouvre-t-elle vraiment ? Quels sont ses fondements épistémologiques ?

– les enjeux éducatifs, de formation : la question des compétences numériques, de la formation des élèves et des étudiants… ;

– les enjeux didactiques : la culture numérique est-elle porteuse de savoirs, de notions, de contenus enseignables spécifiques, et notamment distincts de ceux de l’informatique, des médias ou de l’information-documentation ?

 

PROGRAMME  DE LA JOURNEE

 Matinée : 9 h30 – 12 h 30 

  • 9 h : accueil des participants
  • 9 h 30 – 10 h : ouverture et présentation de la journée par Eric Delamotte (Université de Rouen) et Alexandre Serres (URFIST de Rennes) ; présentation des intervenants par Florence Thiault (Université de Lille 3)
  • 10 h – 11 h 15 : Eric Guichard (Enssib) : « Culture de l’écrit, culture numérique »

o   Résumé : On présente souvent la culture numérique comme un fait teinté de positivité : elle serait une évidence, le propre des geeks, des hackers ou des artistes. Comment articuler cette culture, dont on sous-entend qu’elle serait spécifique, technique mais pas seulement, avec les autres définitions de la culture, par exemple sociologiques ou anthropologiques ? Il semble que le dénominateur commun à toutes ces cultures soit la notion de « culture de l’écrit », développée par Jack Goody et David Olson. Je montrerai l’efficacité de cette approche, qui permet de relier culture technique et culture érudite, mais aussi maîtrise de l’écriture et capital culturel : la culture, aujourd’hui « numérique » (c’est-à-dire propre à l’écriture binaire et en réseau), intervient comme hier dans les relations de domination : entre individus, groupes sociaux et aussi entre champs intellectuels. Au point que les sciences sociales sont aujourd’hui particulièrement désemparées face à cette forme d’écriture qu’elles maîtrisent peu, voire menacées par des disciplines a priori techniques, fort à l’aise avec cette écriture.

o   Présentation : Eric Guichard est Maître de conférences HDR à l’Enssib, (Département des études et de la recherche), responsable de l’équipe de recherche « Réseaux, Savoirs & Territoires » (à l’ENS-Ulm), Directeur de programme au Collège International de Philosophie (CIPh, depuis 2010). Ses travaux portent sur l’histoire et l’anthropologie de l’écriture, les technologies de l’intellect, les littératies numériques, la philosophie de l’internet et de la technique, les usages et discours de l’internet, les représentations profanes et savantes sur la technique, l’édition savante en ligne, la cartographie des territoires numériques, l’épistémologies des sciences sociales.

o   Dernières publications :

      • Guichard, Eric. (2014). « L’internet et les épistémologies des SHS », Revue Sciences / Lettres, n° 2 (« Les épistémologies des sciences humaines et sociales et l’internet », dir. É. Guichard et Th. Poibeau) : http://rsl.revues.org/389.
      • Guichard, Éric (2012) (dir.), Écritures : sur les traces de Jack Goody, Villeurbanne : Presses de l’enssib, 2012.
      • Guichard, Éric (2012). « Les réseaux sociaux : un regard critique », actes du colloque Modèles et apprentissages en Sciences Humaines et Sociales (MASHS), Marseille, 23-24 juin 2011. Revue RNTI.
      • Guichard, Éric (2012). « L’internet et l’informatique comme révélateurs de la technicité de la pensée », in Formes, systèmes et milieux techniques. Après Simondon (Dir. D. Parrochia et V. Tirloni), éd. Jacques André, Lyon (pp. 125–140).
      • Guichard, Éric (2011) (dir.), Regards croisés sur l’internet, Villeurbanne : Presses de l’enssib, 2011.
  • 11 h 15 – 12 h 30 : Hervé Le Crosnier (Université de Caen) : « La culture numérique au-delà des usages informationnels »

o Résumé : Avec les ruptures technologiques permanentes qui animent le monde du réseau et des applications, chacun d’entre-nous peut rapidement devenir un illettré du numérique. Quel ensemble de connaissances transférables peuvent permettre de construire une littératie numérique, qui aide à comprendre les enjeux et suivre les évolutions des technologies de l’information et de la communication ? Comment intégrer un regard économique, politique, social et culturel sur les techniques numériques pour aider à développer une citoyenneté du XXIe siècle ? La culture numérique est un des éléments qui permettent de passer des savoir-faire aux connaissances, des usages aux enjeux et relations qui se tissent sur les réseaux à l’échelle mondiale. Comment développer cette littératie numérique à l’école ?

Présentation : Hervé Le Crosnier est maître de conférences HDR à l’Université de Caen Basse-Normandie. Ses enseignements portent sur les technologies de l’internet et la culture numérique. Les cours de culture numérique délivrés en amphi en 2012 ont été filmés par le Centre d’Enseignement Multimédia de l’Université et rendus disponibles comme ressources éducatives libres (http://bit.ly/1kJernJ). Ses recherches au sein du département d’informatique portent sur la création du framework Sydonie pour les documents composites sur internet, et l’exploitation des métadonnées pour les documents multimédias (http://sydonie.net). Ses travaux portent également sur l’impact de l’internet sur l’organisation sociale et culturelle, et l’extension du domaine des biens communs de la connaissance. Hervé Le Crosnier est également membre associé de l’ISCC (Institut des Sciences de la Communication du CNRS). Il est éditeur multimédia chez C&F éditions (http://cfeditions.com), maison d’édition spécialisée sur les questions de culture numérique, de la société de l’information et des biens communs. Dernier ouvrage paru :  Culturenum : jeunesse, culture & éducation dans la vague numérique. 208 p.,  septembre 2013.

o   Dernières publications :

    • Le Crosnier, Hervé, Dulong de Rosnay, Mélanie (2013). La propriété intellectuelle : géopolitique et mondialisation. Paris : CNRS, 2013 (Les Essentiels d’Hermès).
    • Le Crosnier, Hervé, Schafer, Valérie (2012). La neutralité de l’internet : une question de communication. Paris : CNRS, 2012 (Les Essentiels d’Hermès)
    • Le Crosnier, Hervé, (dir.) Réseau Maaya, Vannini, L.. (2012). Net.lang. Réussir le cyberespace multilingue. Caen : C&F éditions, 2012.
    • Le Crosnier, Hervé (2010). Internet : la révolution des savoirs. [dossier documentaire], La Documentation Française, collection « Problèmes politiques et sociaux », no 978, 120 p.

 

Après-midi : 14 h – 16 h 30 

  •  14 h – 15 h : Jean-Louis Charbonnier, Formateur honoraire, IUFM des Pays de la Loire : « Culture, savoirs et apprentissages « numériques » »

o   Résumé : Le « numérique » n’est-il que l’écume médiatique de la modernité, voire de la « post »-modernité, comme le furent en leur temps, certaines expressions emphatiques (« cyber- «, « hyper-« ) ou bien veut-on lui conférer un sens qui le rende utile à la réflexion, aux débats scientifiques et à l’avancée d’une praxéologie robuste au service de l’éducation des nouvelles générations ? Si le combat pour la culture mérite toujours d’être mené afin de développer des pratiques culturelles riches et diversifiées dans la lignée des « littératies », il convient d’en apprécier la portée. Cela exige une réflexion sur les sens qu’il faut donner au concept de culture, débarrasser le terme « numérique » de son embonpoint sémantique pour le rapporter au noyau réellement significatif.  Cela rend indispensable aussi de penser les relations que devraient entretenir les pratiques culturelles relatives aux médias concernés par le numérique et les programmes d’enseignement dans leur définition curriculaire. En effet, si ces pratiques culturelles sont reconnues avec tant d’intérêt, si elles appartiennent donc aux « trivialités » au sens où Yves Jeanneret les pense, alors il est de la plus haute importance de les inclure explicitement parmi les objets d’apprentissage pris en charge par l’appareil de formation scolaire.

o Présentation : Jean-Louis Charbonnier, professeur honoraire, était jusqu’en 2005 professeur certifié de documentation à l’Institut universitaire de formation des maîtres de l’Académie de Nantes où il avait créé la filière CAPES de documentation lors de la création de celui-ci en 1991. Auparavant, il a été responsable du Centre de ressources documentaires de l’École normale nationale d’apprentissage de Nantes, l’un des six établissements qui étaient en charge, jusqu’à leur fusion dans les IUFM, de la formation des Professeurs des lycées professionnels. À ce titre il avait eu la responsabilité de préparer les futurs enseignants des L.P. à leur rôle dans l’acquisition par les élèves des pratiques de lecture et de documentation indispensables à leur succès scolaire et professionnel. Il a, simultanément été responsable national chargé des questions de la documentation dans le second degré par le SNES (Syndicat national des enseignements de second degré). C’est dans ce contexte qu’il a participé à la création du CAPES de documentation, à la fin des années 80.

o Dernières publications :

      • Charbonnier, Jean-Louis (2010). « Le rôle des associations professionnelles ». In F. Chapron & E. Delamotte (Dir.). Education à la culture informationnelle. Villeurbanne : Presses de l’ENSSIB, 2010
      • Charbonnier, Jean-Louis (2009). « Vous avez dit culture numérique ? », revue Échanger, Académie de Nantes, n˚ 87, avril 2009.
      • Charbonnier, Jean-Louis (2009). « Les savoirs en information-documentation : recherches, développement actuel et perspectives d’acquisitions scolaires. Animation de la table ronde. » In FADBEN (Fédération des Associations de Documentalistes Bibliothécaires de l’Education Nationale). Culture de l’information : des pratiques… aux savoirs. Congrès national (8ème : 2008 : Lyon). Paris : Nathan, FADBEN, 2009. pp. 87-88.
      • Charbonnier, Jean-Louis (2004). «Entre action et savoir pédagogique : ce que disent les répertoires lexicaux utilisés par les professeurs stagiaires dans la (re)présentation de leur mémoire professionnel». In Rapport de recherche, INRP. Paris : INRP. 2004.
      • Charbonnier, Jean-Louis (1997).  « Les ‘Apprentissages documentaires’ et la didactisation des sciences de l’information ”. In Spirale, revue de recherches en éducation, janvier 1997, n° 17.
  • 15 h – 16 h 30 : table ronde avec Eric Guichard, Hervé Le Crosnier, Jean-Louis Charbonnier, Eric Delamotte, animée par Elisabeth Schneider (ESPE de Caen) et Alexandre Serres (URFIST de Rennes)

 

Le séminaire 2013 : évaluation de l’information, identité numérique, éducations à…

Pour sa sixième édition (déjà !), le cru 2013 du séminaire du GRCDI avait une saveur particulière : il ne s’agissait pas d’un événement « purement GRCDI », mais d’un séminaire commun, co-organisé avec l‘équipe de recherche de l’ESPE Rouen, pilotée par Eric Delamotte. Une trentaine de participants, dont un fort groupe de Normands (de Haute et Basse-Normandie) ont ainsi assisté à Rennes, le 6 septembre dernier, à une journée d’interventions et d’échanges particulièrement denses, notamment sur deux sujets cruciaux qui ont donné son titre au séminaire : « Evaluation de l’information et identité numérique : quels enjeux de formation, quelle didactique, quels apprentissages ?« .

Sur l’évaluation de l’information, nous avons eu d’abord le plaisir d’écouter un spécialiste bien connu de la lecture, notamment en contexte numérique, Jean-François Rouet, Directeur de recherche au CNRS et membre du CERCA (Centre de Recherches sur la Cognition et l’Apprentissage), à l’Université de Poitiers. Son intervention passionnante, « L’évaluation comme élément de la maîtrise de la lecture : de l’analyse des processus cognitifs à l’intervention pédagogique »,  a replacé l’évaluation de l’information dans le cadre cognitif général de la compréhension en lecture.  Jean-François Rouet a apporté de précieux éclairages sur ce qu’on entend par « maîtrise de la lecture », sur les conceptions dominantes et les nouveaux modèles cognitifs de la « lecture en contexte ».  En se fondant sur quelques données d’observation et d’expérimentation réalisées auprès d’élèves de l’enseignement primaire et secondaire, il a montré en quoi « l’évaluation de l’information écrite est un processus complexe qui présuppose un ensemble de connaissances relatives aux mécanismes de production et d’organisation des textes, ainsi qu’une bonne capacité de contrôle attentionnel. » Plusieurs pistes pédagogiques ont été apportées et discutées.

Nous avons ensuite suivi avec grand intérêt les analyses brillantes d’ un jeune chercheur, spécialiste de l’identité numérique, Julien Pierre, Docteur en Sciences de l’information et de la communication, Attaché temporaire d’étude et de recherche à l’Université de Grenoble Alpes, et auteur du carnet de recherche scientifique Les Identités numériques, devenu une référence sur le sujet. Il a soutenu en avril 2013 une thèse sur « Le cadre privatif : des données aux contextes. Approche interdimensionnelle des enjeux de médiations de la vie privée« , disponible sur TEL. Son intervention, intitulée « Apprendre l’identité numérique : du concepteur à l’usager des dispositifs identitaires », a permis un large balayage, portant à la fois sur les définitions théoriques de l’identité (avec la référence à Paul Ricoeur), les dispositifs techniques, les approches de l’identité numérique du côté des concepteurs comme de celui des usagers, les représentations sous-jacentes du social, exprimées dans les algorithmes de Facebook. Julien Pierre a notamment montré la double méconnaissance, qui encadre la question de l’identité numérique : celle « des concepteurs de dispositifs ignorant les processus sociaux, et (celle) des usagers ignorant le fonctionnement de ces dispositifs« . De nouvelles approches, aussi bien techniques que sociales, ont été exposées, comme autant de pistes permettant de dépasser cette double ignorance. L’éducation à l’identité numérique y occupe bien sûr une place essentielle.

Si l’évaluation de l’information et l’identité numérique ont occupé la matinée, les « ‘éducations à… » et les questions didactiques  étaient au programme de l’après-midi.

Jean-Marc Lange, Maître de conférences en didactique des sciences, HDR en Sciences de l’éducation, membre du Laboratoire CIVIIC à l’Université de Rouen, a dressé un panorama complet et très riche des fameuses « éducations à… ». Intitulée « Educations à…: enjeux, questions de didactiques et de formation », son intervention a permis d’abord de resituer  l’émergence de cet ensemble hétérogène, comprenant les éducations à la santé, à l’environnement, au développement durable, au risque, à la citoyenneté, etc., « dans un double mouvement d’incitations internationales et d’une demande régionale d’éducation des générations scolarisées« . En s’appuyant sur l’exemple de l’éducation au développement durable, il a mis à jour les multiples dimensions de ces « éducations à… », leurs tensions entre différentes légitimités (académique et sociale), les principes d’élaboration curriculaire, les différents modèles éducatifs dont elles sont porteuses, et il a dégagé des pistes fort intéressantes pour une nouvelle « éducation à… », qui concernait tous les participants à ce séminaire  : celle de l’information-documentation, toujours à construire !

Enfin, il s’agissait aussi, au cours de cette rencontre, de présenter les travaux des deux équipes, GRCDI et ESPE Rouen.

Pour l’équipe de Rouen, Anne Cordier a d’abord présenté le cadre général des travaux en cours, menés autour d’une réflexion de fond sur l’épistémologie de l’information-documentation. Agnès Montaigne, ex-formatrice de l’IUFM de Rouen et véritable trait d’union entre les deux équipes, auxquelles elle appartient simultanément, a détaillé ensuite ces travaux rouennais sur l’épistémologie, dans une intervention très vivante, dont le texte, « Qu’entend-on par « Épistémologie de l’Information-Documentation » ?« , figure sur ce site. Après avoir revendiqué la posture du « bricolage épistémologique », compte tenu de l’impossibilité théorique d’une véritable épistémologie de l’information-documentation, Agnès Montaigne a présenté l’un des principaux sujets d’étude du groupe : la longue histoire des classifications, comme dispositifs de représentation des connaissances. On trouvera également sur le site son support très richement illustré.

Pour le GRCDI, Noël Uguen a présenté le travail en cours, pour un projet de guide pédagogique pour les cultures de l’information, centré sur les thématiques de l’évaluation de l’information et de l’identité numérique. Ce projet vise à fournir différents éléments (notions, ressources théoriques et didactiques…), permettant aux formateurs de construire des actions pédagogiques sur les thématiques de la translittératie.  Mais  comme il s’agit encore d’un work in progress, aucun texte ne peut être mis en ligne pour le moment.

Enfin, Angèle Stalder, qui a rejoint récemment le GRCDI, a apporté de nombreux et pertinents éclairages sur « La didactique professionnelle :  un modèle pour la didactique info-documentaire ?« . Après avoir présenté les principes théoriques sur lesquels la didactique professionnelle s’est construite, les notions phares, les auteurs incontournables, Angèle Stalder a tracé les pistes possibles d’utilisation de cette didactique « pour penser une didactique de l’information-documentation« .

Au final, cette journée de séminaire, très conviviale, fut particulièrement riche, diversifiée, et elle a apporté de nombreuses pistes de réflexion aux participants. Tous les textes (sauf ceux des interventions d’Anne Cordier et de Noël Uguen) sont en ligne sur notre site, où ils ont rejoint la longue liste de nos précédents séminaires.

Bonne lecture !

 

 

 

 

La translittératie au menu du 5ème séminaire du GRCDI

La translittératie était au centre du 5ème séminaire du GRCDI, organisé le 7 septembre dernier à Rennes : « La translittératie en débat : regards croisés des cultures de l’information (infodoc, médias, informatique) et des disciplines ».
Notion en vogue, parfois mal comprise, la translittératie est considérée par Sue Thomas comme « l’habileté à lire, écrire et interagir par le biais d’une variété de plateformes, d’outils et de moyens de communication, de l’iconographie à l’oralité en passant par l’écriture manuscrite, l’édition, la télé, la radio et le cinéma, jusqu’aux réseaux sociaux ». Au-delà de cette multiplicité des interactions avec tous les moyens d’expression, la translittératie met également en jeu des cultures, des compétences et permet de penser, de manière transversale, les nombreuses littératies à l’œuvre sur les réseaux numériques.

Dès sa création en 2007, le GRCDI s’est intéressé à cette diversité des littératies, notamment en posant la « question des territoires » des trois grandes cultures de l’information : information-documentation, médias et informatique (voir les séminaire 2007 et 2009).

Et il nous a paru utile de refaire le point cette année sur ce thème, en l’élargissant à d’autres horizons. Réunissant plusieurs intervenants, issus de différentes disciplines et travaillant sur différents objets (l’éducation aux médias, la didactique des mathématiques, la formation au C2i2e, les pratiques d’écriture adolescentes), ce séminaire, par sa composition même, était un bel exemple de « translittératie en marche »…

Après une introduction à la notion de translittératie par votre serviteur, Pierre Fastrez, chercheur à l’Université Catholique de Louvain et spécialiste de l’éducation aux médias, a proposé une définition matricielle des compétences regroupées sous l’expression « littératie médiatique », dont il a montré les proximités et les différences avec la translittératie.
Le C2i2e peut être considéré comme un autre exemple de translittératie, avec ce mixte entre culture informatique, culture informationnelle, culture  numérique et pédagogie et Catherine Loisy, enseignante-chercheuse en Psychologie à l’ENS de Lyon, a rendu compte de la mise en œuvre du C2i2e, dans les universités, de ses difficultés et de ses enjeux.

L’après-midi, Ghislaine Gueudet, Professeur en Sciences de l’éducation, emmenait l’auditoire dans un tout autre univers, celui de la didactique des mathématiques en interrogeant les concepts de document et de ressource, vus sous le prisme de l’enseignement des mathématiques.
Enfin Elisabeth Schneider, doctorante et membre du GRCDI, revenait d’une certaine manière au cœur de la translittératie, à travers l’étude des pratiques d’écriture des adolescents, et nous présentait ses travaux de recherche.

Au total, une riche journée de communications, d’échanges et de réflexion, qui a réuni une trentaine de personnes, et dont tous les textes sont en ligne sur le site du GRCDI.

 

Le séminaire 2010

Le 10 septembre dernier, le GRCDI a tenu son quatrième séminaire annuel, réunissant plus d’une vingtaine de personnes, sur le thème:  « Questions de recherche : pratiques informationnelles,  document numérique,
didactique de l’information et des médias ».

Quatre intervenants se sont succédés au cours de la journée : Karine Aillerie, sur les  pratiques informationnelles spontanées des adolescents, Noël Uguen, sur le document numérique, Nicole Clouet sur les pratiques de collecte de documents des professeurs-documentalistes et Jacques Kerneis sur le développement des compétences en lecture des textes journalistiques.  Chaque intervention a été suivie d’une intervention d’un « discutant », chargé de questionner l’intervenant et de  lancer la discussion.  Au final, une nouvelle journée de  communications et de débats  très dense, dont nous ne pouvons rendre toute la richesse sur ce  site. Mais vous trouverez les textes des intervenants ici.


Le rapport de synthèse du GRCDI

Nous l’avions annoncé ici pour la fin de l’année scolaire, nous l’avons terminé pour cette rentrée et nous le diffusons enfin : le rapport de synthèse du GRCDI. Intitulé « Culture informationnelle et didactique de l’information. Synthèse des travaux du groupe de recherche 2007-2010« , ce rapport a mobilisé le groupe pendant plus d’une année et nous sommes particulièrement heureux de le voir terminé et accessible.

Il a un double statut, reflétant la nature du GRCDI : à la fois partie prenante du rapport global de l’ERTé « Culture informationnelle et curriculum documentaire« , dont le GRCDI est l’une des extensions pour les régions de l’Ouest, et rapport d’un groupe de recherche autonome, appelé à continuer ses travaux.
Nous l’avons fait à partir de notre corpus de publications depuis 2007 (environ 130), en tâchant d’en faire une synthèse, organisée autour de trois grandes entrées :

l’émergence de la culture informationnelle et de  la didactique de l’information : quelle est la réalité (notamment bibliométrique) de ce phénomène de la  culture informationnelle, quels sont les principaux repères sur la montée en puissance de la didactique de l’information… ;

les approches : aussi bien la culture informationnelle que la didactique de l’information sont des problématiques complexes, donnant lieu à une multiplicité d’approches, de conceptions différentes, parfois antagonistes. Sans exhaustivité, et en nous fondant sur nos propres travaux, nous avons tenté de rendre compte  de  cette diversité.

les questions : toujours en nous basant sur les travaux du GRCDI, nous avons cherché également à identifier les  questions vives , les principaux problèmes et les pistes de recherche à explorer dans la culture informationnelle comme dans la didactique de l’information.

Enfin le GRCDI, composé de plusieurs chercheurs et spécialistes de la didactique de l’information, s’est toujours intéressé de près à la question du curriculum ; et il nous a paru indispensable, à un certain moment de notre travail de synthèse, de compléter ce rapport par des  propositions, des recommandations. S’il est toujours intéressant de faire un état des lieux de la réflexion, il est également nécessaire, selon nous, d’avancer des propositions, et de tenter de faire avancer le débat collectif sur la formation des élèves à l’information.

Le rapport de synthèse se termine  donc par un ensemble de « Douze propositions du GRCDI pour l’élaboration d’un curriculum info-documentaire « . Précédées d’une introduction de  Pascal Duplessis, qui rappelle les enjeux, les objectifs et les différentes approches du curriculum en général, nos propositions ont été longuement débattues au sein du groupe et traduisent une vision collective d’un curriculum info-documentaire.

Selon la définition de Pascal Duplessis, « le curriculum est un plan d’actions éducatives structuré et formellement prescrit qui, dans le cadre d’une politique éducative,  a pour fonction de permettre la transmission effective d’un capital  de   connaissances  données à un public ciblé. »
Précisons donc d’emblée, comme cela est développé dans l’introduction, que les propositions du GRCDI ne visent absolument pas à la fourniture, clés en mains, de ce  curriculum de l’information-documentation, qui reste à construire. Il s’agit plutôt de propositions visant au défrichage du terrain, à l’identification des conditions et des  moyens d’élaboration, voire au tracé des fondations… De toute évidence, la construction de ce curriculum ne revient pas aux acteurs de la recherche, qui n’ont d’autres buts que  d’essayer d’éclairer ce chantier.

Sur la diffusion de  ce rapport :

– le Rapport de  synthèse  complet est disponible sur l’archive ouverte ArchiveSic (et donc sur HAL) : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00520098/fr/

– vous trouverez ici en libre accès, et en format PDF, nos 12 propositions avec l’introduction de  Pascal Duplessis.

Vos commentaires, vos remarques et vos critiques sont attendus !

La bibliographie du GRCDI

Quelques nouveautés et informations à signaler sur les publications du GRCDI :

– le texte de l’intervention de Pascal Duplessis au dernier séminaire 2009, « Quelle entrée dans le curriculum de l’Information-documentation ? Le point de vue de trois acteurs : l’institution, la profession, la recherche » est désormais en ligne. 

– la bibliographie du GRCDI a été mise à jour et signale notamment les textes  issus du Colloque de Lille,  qui figurent dans l’ouvrage de l’ERTé actuellement en cours de parution aux Presses de l’enssib, « L’Education à la culture informationnelle » ;

– cette bibliographie collective regroupe actuellement 172 références, dont 131 depuis 2006, année de création de l’ERTé. Faut-il y voir le signe d’une graphomanie aigüe des membres du groupe ou bien un symptôme, parmi d’autres, de la construction progressive d’un champ de recherche autour de la culture et de la didactique de l’information ?

– Pour nous, cette bibliographie collective joue un rôle très important, car nous avons décidé d’en faire une base de travail commune, à partir de laquelle nous sommes en train d’établir un rapport de synthèse. Ce rapport de synthèse et de recherche, qui constituera notre bilan d’activités dans le cadre de l’ERTé, cherchera à faire le point sur l’ensemble de nos travaux, réflexions et positionnements concernant la culture informationnelle et la didactique de l’info-doc. Il devrait être terminé pour cette fin d’année (scolaire), ainsi que le rapport global de l’ERTé.

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Séminaire 2009 du GRCDI

Pour la troisième année consécutive, le GRCDI a organisé le 11 septembre dernier son séminaire annuel, qui a regroupé 24 personnes.

Le premier séminaire de 2007, interne au groupe et intitulé « Culture et didactique de l’information : de quoi parlons-nous », portait sur la définition de notre terrain ; il fallait tenter de définir, de délimiter, de baliser à la fois la didactique et la culture de l’information. En quelque sorte, il s’agissait d’un « séminaire des fondations » et des balisages. La deuxième édition, en 2008, pouvait s’appeler le « séminaire des ouvertures » : ouverture aux intervenants extérieurs (Olivier Ertzscheid et Muriel Frisch), à des thématiques plus ou moins proches (la redocumentarisation, l’indexation des images, la pensée de Stiegler, la question de la technique et la culture informationnelle), à d’autres approches de la didactique de l’information et ouverture enfin au public, puisque plusieurs collègues avaient été invités.

En 2009, la troisième édition de notre séminaire pourrait être placée sous le signe de l’approfondissement et de la construction d’une double problématique :
–         d’une part, l’approfondissement d’une question, que nous avions été parmi les premiers à poser, à savoir la « question des territoires » de la culture informationnelle, de la convergence entre ces trois cultures voisines que sont l’information-documentation, l’informatique et les médias ;
–         d’autre part l’approfondissement d’une autre problématique, d’un autre chantier qui tient le GRCDI particulièrement à cœur, celui de la construction du curriculum documentaire.

La problématique générale de la matinée, intitulée « Information, informatique, médias : quelles convergences ? », s’inscrit dans un processus plus large de réflexion, dont il faut retracer brièvement les étapes. Lors du premier séminaire du GRCDI de 2007, nous avions tenté de poser cette question territoriale en procédant à un premier travail de comparaison entre les trois cultures et « éducations à » : EAI, EAM, EATIC, autrement dit information-documentation, éducation aux médias, éducation ou formation aux TIC.  Plusieurs entrées (épistémologique, didactique, disciplinaire…) avaient été pointées, différents points de convergence et de divergence avaient alors été repérés. Cette « question territoriale » a fait son chemin depuis, puisqu’elle a fait l’objet d’une table ronde lors du Colloque international de l’ERTé, à Lille, puis d’une partie de la journée d’étude interne de l’ERTé, le 15 mai 2009. Notons également que cette question des relations entre cultures informationnelle, numérique et médiatique traverse la majorité des textes qui composent le numéro 3 de la revue Les Cahiers du numérique, « Penser la culture informationnelle », qui vient de sortir chez Hermès.  Selon nous, il s’agit bien là d’une question en devenir, d’un thème de recherche, abordé par des acteurs et des chercheurs de plus en plus nombreux, peut-être demain d’un nouveau champ de recherche.

Les questions qui se posent, à travers cette problématique, sont à la fois nombreuses et complexes : elles touchent autant à la définition de chacune de  ces cultures (en bref, les cultures numérique, informatique, médiatique, informationnelle ou de l’information-documentation, communicationnelle), à leur délimitation (que recouvre exactement la culture numérique ? ) et à leurs articulations, leurs relations respectives (par exemple, quelle différence entre culture numérique et culture informatique ? est-ce que la  culture des médias, ou la culture médiatique, englobe ou fait partie de celle de l’information ? etc.). Pour qualifier ces relations, on pourrait sans doute relever quatre sortes de relations possibles, selon différentes approches :

–         des relations de contiguïté, de simple proximité, entre des cultures nettement distinctes par leur contenu, leur objet, leur finalité, mais proches par les usages qu’elles suscitent, sous l’effet de la numérisation généralisée ;

–         des relations de type « associatives », en réseau, marquées par une forte interconnexion, une imbrication telle qu’il serait difficile, voire impossible, de les démêler ; culture des médias et culture informationnelle, par exemple, seraient totalement imbriquées, voire confondues ;

–         des relations partitives, hiérarchiques, arborescentes : telle culture faisant partie de telle autre (avec, sur ce point, des appréciations forcément contradictoires sur les ordres de préséance) ;

–         ou encore des relations d’opposition, d’antagonisme, entre des cultures foncièrement différentes… La culture informatique par exemple étant radicalement différente de celle des médias.

Cette question n’est pas seulement théorique, comme le montre le récent  texte de recommandation de la Commission Européenne, du 20 août dernier, sur l’éducation aux médias. On y lit notamment, au point 13 : « L’éducation aux médias englobe tous les médias. Elle vise à sensibiliser davantage les gens aux diverses formes que peuvent prendre les messages médiatiques dans leur vie quotidienne. Par messages médiatiques, on  entend les programmes, films, images, textes, sons et sites internet qui sont fournis par divers moyens de communication. ». Ce texte, très important par son statut, englobe ainsi dans l’éducation aux médias différents aspects, souvent considérés comme relevant soit de la formation aux TIC, comme par exemple « la façon dont fonctionnent les moteurs de recherche et la façon de mieux les utiliser » ou la question des données personnelles, soit de la formation à l’information, comme par exemple le respect du droit d’auteur, etc. Ainsi, pour la Commission Européenne, c’est visiblement l’éducation aux médias qui devient le terme et la culture génériques, recouvrant toutes les autres. Rappelons qu’aux Etats-Unis, cette question d’une compétence, d’une culture commune englobant la pratique des outils informatiques, des médias, de la documentation et de la communication est posée sous le nom de « transliteracy ».

Ainsi la question des convergences et des divergences entre les trois cultures est-elle loin d’être tranchée et la matinée du séminaire du GRCDI a permis de faire avancer la réflexion, autour des interventions, passionnantes et stimulantes,  d’Eric Bruillard, Professeur des universités en Informatique à l’ENS Cachan, sur « Culture informationnelle et informatique », et d’Odile Chenevez, formatrice au CLEMI et à l’IUFM d’Aix-Marseille, sur « Didactique des médias et démarche d’enquête ».


Selon notre répartition désormais rituelle, l’après-midi du séminaire portait sur l’autre axe du GRCDI : la didactique de l’information. Elle était organisée autour de la question « Quelle didactique pour quel curriculum ? ». Le « terrain curriculaire » a d’abord été déblayé par Pascal Duplessis, dont l’intervention très riche a permis de mettre à plat toutes les composantes d’un curriculum et de dessiner toutes les entrées possibles dans ce vaste chantier : « Quelle entrée dans le curriculum de l’Information-documentation ? Le point de vue de trois acteurs : l’institution, la profession, la recherche ».

Puis Agnès Montaigne, dans une intervention également très dense, a approfondi la réflexion sur la question de la progression des apprentissages, à partir d’une expérience de graduation des apprentissages autour d’une notion précise : « Gradation, progression des apprentissages : quelques questions dans une perspective curriculaire autour de l’exemple du document technique  ».

Au total, ce séminaire 2009, dont il faut souligner la qualité et la richesse des débats, sera sûrement un très bon cru ! Les textes et support Ppt sont disponibles ici.

Information-documentation et culture de l’information : un domaine émergent, par Ivana Ballarini-Santonocito | skhole.fr

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