La translittératie au menu du 5ème séminaire du GRCDI

La translittératie était au centre du 5ème séminaire du GRCDI, organisé le 7 septembre dernier à Rennes : « La translittératie en débat : regards croisés des cultures de l’information (infodoc, médias, informatique) et des disciplines ».
Notion en vogue, parfois mal comprise, la translittératie est considérée par Sue Thomas comme « l’habileté à lire, écrire et interagir par le biais d’une variété de plateformes, d’outils et de moyens de communication, de l’iconographie à l’oralité en passant par l’écriture manuscrite, l’édition, la télé, la radio et le cinéma, jusqu’aux réseaux sociaux ». Au-delà de cette multiplicité des interactions avec tous les moyens d’expression, la translittératie met également en jeu des cultures, des compétences et permet de penser, de manière transversale, les nombreuses littératies à l’œuvre sur les réseaux numériques.

Dès sa création en 2007, le GRCDI s’est intéressé à cette diversité des littératies, notamment en posant la « question des territoires » des trois grandes cultures de l’information : information-documentation, médias et informatique (voir les séminaire 2007 et 2009).

Et il nous a paru utile de refaire le point cette année sur ce thème, en l’élargissant à d’autres horizons. Réunissant plusieurs intervenants, issus de différentes disciplines et travaillant sur différents objets (l’éducation aux médias, la didactique des mathématiques, la formation au C2i2e, les pratiques d’écriture adolescentes), ce séminaire, par sa composition même, était un bel exemple de « translittératie en marche »…

Après une introduction à la notion de translittératie par votre serviteur, Pierre Fastrez, chercheur à l’Université Catholique de Louvain et spécialiste de l’éducation aux médias, a proposé une définition matricielle des compétences regroupées sous l’expression « littératie médiatique », dont il a montré les proximités et les différences avec la translittératie.
Le C2i2e peut être considéré comme un autre exemple de translittératie, avec ce mixte entre culture informatique, culture informationnelle, culture  numérique et pédagogie et Catherine Loisy, enseignante-chercheuse en Psychologie à l’ENS de Lyon, a rendu compte de la mise en œuvre du C2i2e, dans les universités, de ses difficultés et de ses enjeux.

L’après-midi, Ghislaine Gueudet, Professeur en Sciences de l’éducation, emmenait l’auditoire dans un tout autre univers, celui de la didactique des mathématiques en interrogeant les concepts de document et de ressource, vus sous le prisme de l’enseignement des mathématiques.
Enfin Elisabeth Schneider, doctorante et membre du GRCDI, revenait d’une certaine manière au cœur de la translittératie, à travers l’étude des pratiques d’écriture des adolescents, et nous présentait ses travaux de recherche.

Au total, une riche journée de communications, d’échanges et de réflexion, qui a réuni une trentaine de personnes, et dont tous les textes sont en ligne sur le site du GRCDI.